7 janvier 2022

La pandémie a contraint. A endeuillé. A fait plonger. A séparé. Elle a montré aussi. L’importance de nos contacts. Physiques. Sociaux. Spirituels. Les sourires, les yeux dans les yeux, aux contacts de nos corps. Elle a, par l’absurde de décisions iniques, mis en évidence l’importance de nos émotions. Du partage. De notre capacité à ressentir. À réfléchir. À jouir.

La culture. La place que nous lui accordons. Dans la vie avant covid. Celle que nous lui accorderons dans la vie post covid. Parce que cela existera. Il paraît. Ce sera avec une prise de conscience. Pas à pas. Nous ne pouvons vivre sans elle, présente au cœur de nos vies, même quand nous ne la côtoyons pas. Ou pensons ne pas la connaître. 

Se laisser aller…  « Call me by your name »… et ce moment intense entre Thimothée Chalamet et Michael Stuhlbarg… entre un père et son fils… intimité profonde d’un père qui se livre… d’un amour infini… 

Se laisser surprendre… « Lalaland »… et ce regard entre Emma Stone et Ryan Gosling… sans un mot… un au revoir… la beauté de ce qui a été vécu… et des chemins pris… et si… 

Se laisser submerger… « Eldorado », Stephan Eicher trio live… tournée 2008… version transcendée… magnifiée… un soir à Bruxelles … et partout ailleurs… s’abandonner…sans lutter… danser… chanter…

Tressaillir, rire, pleurer, sourire, avoir peur, réfléchir, sentir, toucher, écouter, voir, ressentir, jouir de nos corps, ne pas tomber, tomber… se relever, communier, aimer… Toutes ces choses qui ont été mises de côté de nombreuses années. Ou peu valorisées. Elles nous reviennent. Elles nous confrontent. A notre humanité. A notre vision de la société. A notre capacité à faire société. A la place du sens et des corps. A la notion d’intelligence. A la pensée critique. Aux chemins que demain nous prendrons ensemble, à ceux que nous empruntons aujourd’hui, seul, ou accompagné, en équipe ou solitaire.

Souhaitons nous d’être traversés par ces moments … ceux qui nous marquent, qui nous changent, qui nous font revenir, qui nous bouleversent, qui nous font aimer, partager, prendre les chemins… ceux que ces films, ces chansons, ces musiques, ces concerts, ces représentations, ces sculptures, ces créations vestimentaires, ces peintures, ces poèmes, ces histoires, ces architectures nous donnent, sans contre don… souhaitons nous d’enfin, collectivement et individuellement, reconnaître la place essentielle que ces femmes et ces hommes ont dans nos vies, et dans notre capacité à construire de la cohésion sociale, eux qui nous partagent, sans fard, du plus profond de leurs êtres, leur amour pour que nous puissions être, seul et ensemble, chaque jour, sur notre chemin…