[Parenthèse 50…]
L’eau coulait tranquillement, suivant le sillon qui s’était formé au cours du temps.
L’odeur de l’herbe, humide, s’immisçait dans les pores ouverts, qui s’humectaient des peaux tendues et douces, arrimées aux routes, s’aventurant dans les méandres automnales d’une journée d’été finissante.
La couleur du ciel indiquait qu’il n’y aurait rien de particulier à l’horizon. Des heures qui jonglent avec les temps, multiples, façonnant les tunnels d’air qui charpentent les siècles. À quelques endroits, les oreilles les plus aiguisées pouvaient entendre gémir les plaisirs de certains corps découvrant enfin les joies d’une jouissance cherchée à chaque recoin depuis quelques années déjà. Il y a des amants qui parfois n’en sont pas…
Dans son canapé, son regard suivait le ballon, traçant inlassablement les courbes d’une joie qui dépassera bien des éclats. Frappant les filets, le cri surprit même ses propres cordes vocales, ses fossettes permettant aux larmes de joie de suivre le chemin d’une émotion partagée par des milliers. Au même moment, quelques mètres plus bas, souriants, ils se jettent un regard complice. Chaque semaine — enfin, cela dépend — ils partagent les joies de cet homme si discret au demeurant.
Elle dessine depuis quelques heures maintenant. Doucement, elle lui signale, dans un souffle apaisé, que les derniers détails sont quasi terminés. Au fil de ces histoires qu’elle pose délicatement sur les corps, ce sont des âmes apaisées, des chemins reconstitués, ou des questions en pointillés. Elle change le son : « Television Love » emplit la pièce. Les derniers gestes, et puis, une autre fois peut-être, sans doute, pourquoi pas. Et des corps qui reviennent, habillés de leurs chemins et de leur foi.
L’eau coulait tranquillement, suivant le sillon qui s’était formé au cours du temps. La jeune fille, couleur de l’équipe d’Angleterre, floquée Chloé Kelly, voyant la pomme de pin, se mit à jongler calmement, distinctement, et d’une petite talonnade subtile, la déposa un peu plus loin, là.
L’eau coulait toujours tranquillement, juste, doucement, imperceptiblement, changeant la couleur de son sillon depuis si longtemps présent. Courant vers ses amies qui jouaient là-bas, elle écoutait à plein poumons la voix puissante et vibrante de Blick Bassy résonnant les libertés à trouver au fond de Nous et de soi…
[Prenez infiniment soin de vous… et de ceux que vous aimez]
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