22 mars 2026

[Parenthèse 60…]

Légèrement humide, l’air s’enfonçait dans les travées des branches des arbres qui s’entremêlaient. Les contrées étaient enchantées. Dans un coin, les fils s’entremêlaient. L’araignée, concentrée, s’activait. Les gouttes avaient abîmé les entrelacs patiemment tricotés le jour dernier.

Sur sa branche, l’étrange oiseau l’observait. Il était encore tôt. Ses plumes, arborant les plus belles pincées de sel rouge et jaune, se mariaient avec les rayons de soleil qui s’activaient à dénicher les moindres percées pour réchauffer les corps qui s’étaient reposés dans les fourrés et les terriers.

Le seuil de la maison, peuplé d’insectes printaniers, se jouait du museau un peu échauffé du chien, qui tentait de poursuivre sa somnolence engagée quelques minutes plus tôt. Dans la pièce, légèrement chauffée par le bois qui commençait à fumer dans l’âtre, il s’activait lentement à préparer le café. Patiemment, il prenait le temps de savourer ces instants un peu perdus dans ce monde qu’il ne suivait plus. Dans l’air, les âmes qui s’aventuraient s’enivraient de son sourire, qu’il avait gardé jalousement sur son visage un peu fatigué.

Elle n’avait ouvert qu’un œil. Ses longs cheveux s’étaient étalés sur les draps qui, quelque peu froissés, avaient été témoins de leurs deux corps qui s’étaient endormis, apprivoisant la délicatesse de leur pudeur. Il y eut bien des baisers, des lèvres qui s’étaient approchées, parfois un peu emballées, leurs peaux qui s’étaient imprégnées de leurs touchers. Juste s’appréhender. L’un comme l’autre n’avaient rien engagé de plus. Le temps, précieux allié des découvertes profondes, avait pactisé avec la patience qu’ils s’étaient jurée.

Attablé, il trempait ses lèvres sur les bords de sa tasse de café. « Turn My Way » de New Order imprégnait l’air de la salle à manger. Dans ses pensées, il se remémorait les courbes de leurs corps qui s’étaient reposés l’un sur l’autre, le sommeil venant confirmer les sensations intérieures qu’ils s’étaient partagées. Elle déposa un baiser, prit une tasse de café. Elle se mit à rire en le voyant ainsi. Il rit tout autant. C’était leur façon de se dire que le chemin était bien engagé.

Dehors, le chien s’était endormi, l’araignée avait terminé de tisser, et l’oiseau attendait toujours patiemment son dîner. Le soleil s’était un peu plus élevé. La chaleur allait doucement prendre sa place pour permettre à ce petit monde de s’ébattre.

[Prenez infiniment soin de vous… et de ceux que vous aimez]