[Parenthèse 53…]
Le café coulait lentement. Délicatement, presque subrepticement, l’odeur apaisante des effluves aromatisées s’installait au creux des matières organiques qui se renvoyaient l’une à l’autre les prémices des matins dominicaux.
Les bols et autres tasses, dans des couleurs automnales ajustées pour l’occasion, se mariaient nonchalamment à la voix crépusculaire de Puscifer. Choix étrange pour une heure matinale où seuls les chants des oiseaux, baignés de la noirceur encore abondante dehors, poursuivaient leur quête pour accélérer le temps.
Le silence, accompagné par les accords pénétrants de Jean-Louis Murat susurrant sa Maladie d’amour, s’épanchait au son des croustillements que les viennoiseries, proches d’être englouties, pouvaient donner à ce moment, terminant leur vie dans les plaisirs éphémères de ces solitudes avouées, et respirées pleinement.
Les heures passant, bruyantes de la fatigue accumulée par les âmes s’imposant dans son appartement, les premiers pas commençaient à se faire entendre autour de lui. La porte de la salle de bain qui claque. Une lumière, même blafarde, qui s’impose dans les reflets de la baie vitrée, les chuchotements, clairement audibles, de sa fille et de son amoureux, tentant tant bien que mal de ne pas éclabousser trop ostensiblement les couleurs chatoyantes d’un amour qui, guidé par le Reliquia de Rosalía, distillait les subtilités des chemins emmêlés.
Les miettes s’envolent. Quelques tasses restent là.
L’eau coule dans les goulots étroits des siphons de la douche, salle de bain tamisée, l’odeur des peaux qui se marie aux essences des savons. Sautillantes, les gouttes inondent l’espace, laissant des traces humides, traçant des sillons sur les courbes de leurs dos.
Installé dans le fauteuil, emporté par les pages de cet ouvrage, il tressaille quand, l’observant depuis cinq minutes déjà, elle laisse ses lèvres l’enlever à ses pensées.
Le silence.
[Prenez infiniment soin de vous… et de ceux que vous aimez]