09 mars 2025

[Parenthèse 40… ]

{Le soleil s’était invité depuis quelques jours déjà. Il ne frappait pas encore comme à ses plus belles heures, mais malgré tout, les t-shirts s’affichaient dans les allées des parcs et se répondaient joyeusement, annonçant une journée radieuse où les sourires pourraient rivaliser sereinement avec les idées noires qui envahissaient les esprits en cette période houleuse.

Au loin, dans ce havre de paix niché au pied de cette pente verdoyante, les mains se touchaient délicatement, les peaux s’illuminaient au contact des rayons qui dardaient leur chaleur. « Florist » laissait couler ses mots. Les alcools et les cafés s’infiltraient dans les gosiers déployés, attendant que le liquide s’insinue dans chaque parcelle de la peau. Çà et là, les effleurements s’invitaient, patiemment. 

Quelques chiens discutaient allègrement, pendant que leurs maîtres et maîtresses attendaient qu’ils finissent leurs palabres, certains espérant que, des poils qui s’emmêlent et des gueules qui se mordillent, des chemins se tracent, cassant la monotonie des promenades et des soirées à marcher les yeux rivés sur ses pieds. 

Quelques brins d’herbe s’envolaient. Le ballon n’avait pourtant plus touché le sol depuis quelques secondes déjà. Les maillots, mouillés de la sueur des rêves plein les pieds, s’accrochaient, se passaient, jouaient aux noms des préférés de ces passionnés, luttant pour gagner quelques instants la gloire d’un tacle, d’un passement, d’un dribble non élucidé qui les porteraient, dans ce stade dessiné au front de leurs sourires, dans une allégresse qu’eux seuls connaissent. 

De son bar, il observait les corps et les visages des passants et des seyants, les histoires qui se contaient, qui tombaient, qui pliaient et se déployaient, celles qui restaient en rade, là, assises au bord de l’eau, perdues par des traversées trop éloignées les unes des autres. Il versait parfois des larmes, qui coulaient dans les verres qu’il servait au fil des heures, touchant la peine assise au coin d’une table. Dans ces moments, il constatait souvent qu’il pouvait aussi sourire l’instant suivant, en voyant des tablées rire sans se désunir, ou des paumes qui s’invitaient sur des peaux qui frémissaient.

La nuit était tombée, les chemins du parc s’apaisaient paisiblement des pas et des voix qui l’avaient porté tout au long de cette journée. Il reste quelques ombres, furtives, qui se rendaient dans des lieux où la lumière entrerait, et des voies s’ouvriraient à chaque pas. Elles ne savaient pas quels chemins cela prendrait. Elles entendraient peut-être au loin les quelques notes de guitares d’« Amar et Vivir » et se laisseraient aller à jouir…}

[Prenez infiniment soin de vous…et de ceux que vous aimez.. ]