[Parenthèse 17… ]
{ 11h05. Elle vient de dire « oui ». Les yeux pétillants, elle plonge son regard dans celui vert/bleu de son mari maintenant. Elle prend conscience. Le baiser est passionné, si elle pouvait le manger à l’instant, elle se délecterait de tout son corps. Elle sent la réciprocité dans la main qui s’est posée sur la cambrure de ses reins. La peau se tend. Chez l’un et chez l’autre. La religiosité du lieu n’empêche pas les pensées endiablées, si tant est qu’Il refuserait un tel baiser, ce dont elle doute depuis toujours. Croyante, elle a toujours pensé que contrairement aux légendes pieuses, Dieu et sa bande sont des joyeux fêtards, la patience, la douceur et la sagesse n’étant pas incompatibles à la caresse des corps, de l’alcool qui coule et des fumées semi-interdites sur le son des pistes ou de salles de concerts.
13H35. Il regarde les gens s’abreuver et manger les petits fours préparés avec passion par ce chef passionné et aimé. Il s’est assis sur le banc du jardin, en dessous d’un arbre qui jouxte le point d’eau assez étendu de ce lieu un peu aristocratique et bucolique que sa fille a choisi. Calme, il revoit cet instant où elle lui a dit : « tu en penses quoi ? ». Sa mère avait rigolé. Ils avaient beau être divorcés, depuis toujours ils étaient ensemble pour vivre ces moments-là, et bien d’autres encore qu’ils taisaient. Il entend encore sa réponse : « tu l’aimes, non ? », en souriant. Elle lui avait sauté dans les bras. Surpris, il pensait qu’aujourd’hui, et encore plus chez elle, il n’y avait plus besoin de ce genre de choses pour définir ses choix. Il prend son verre, qu’il porte doucement à ses lèvres. Il n’a pas senti à sa droite que vient d’arriver sa compagne, qui l’observe depuis un moment déjà. Elle s’assied à côté de lui. Lui prend juste la main. Dépose sa tête sur son épaule. Il ne sait que penser.
15h47. Les enfants des enfants jouent. Les uns à se cacher dans les recoins de cette bâtisse imposante, où les rires et les pleurs se mélangent aux flots d’alcool et de mets qui s’échelonnent tout au long des heures qui défilent, les autres à jouer au football, filles et garçons ensemble, dans un questionnement qui n’a plus lieu. Le soleil n’est pas aussi généreux que certains auraient voulu. D’autres se réjouissent d’une fraicheur, que les années de plus en plus asséchées, imposante aujourd’hui comme un bien rare et précieux. Au fur et à mesure que la journée avance, les corps se détendent, les pensées aussi parfois. Certaines, qui souvent en pareille situation émergent, laissent penser que d’autres fêtes comme celle-ci pourraient avoir lieu dans les années à venir. Dans un coin, un des frères porte délicatement son dernier petit, encore au son des biberons et de couches, sous l’œil attentif d’un groupe d’ami.es attablés juste à leurs côtés.
20h48. Les invités du soir arrivent pas à pas. Ils s’infiltrent dans les interstices des rires enjoués du premier cercle des privilégiés. La cohésion en est encore à ses premiers émois. La nuit noire qui s’impose doucement dehors, et oblige les ombres à se jauger dans les pénombres des lumières artificielles, va jouer son œuvre, comme presque chaque fois. Les premiers sons déboulent. Un art délicat, celui d’arriver à faire bouger les corps et les vies simultanément, qu’ils soient galbés et remplis d’ardeur ou polis avec le temps et les années passées à les contorsionner sur les pavés d’une vie bien entamée. Elle vient s’asseoir à côté de lui. Son compagnon discute avec sa compagne, ils se connaissent bien maintenant. Délicatement, elle s’approche, dépose sa main sur sa cuisse. Il met sa tête sur son épaule. Le temps s’arrête. Ils sourient…}
[ Prenez infiniment soin de vous…et de ceux que vous aimez.. le temps passe délicatement… ]
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